À propos des archives Bourbaki

Nature des archives

Les Archives Bourbaki, qui sont mises à disposition ici, comprennent près de 400 documents de travail du groupe, datant de 1934 à 1954 et couvrant environ 16000 pages. On y trouve d’abord deux types de circulaires (qui rendent compte des réunions de travail et font connaître les contributions des membres entre les rencontres) intitulés «Traité d’analyse» (1934-1935) et «Journal de Bourbaki» (1935-1937), ils complètent les «Comptes rendus de réunions» (1935-1938), désignés par le lieu de chaque réunion annuelle tenue durant les années trente. À partir de 1940, ce sont «La Tribu» («Bulletin œcuménique, apériodique et bourbachique») et les convocations aux réunions, nommées «Diktats», qui assurent la liaison.

La partie la plus imposante et la plus mathématique des archives rassemble les nombreuses versions préliminaires aux publications, appelées «Rédactions» par Bourbaki et numérotées a posteriori (dans les années cinquante) et de façon plus ou moins systématique par Jean Dieudonné. Parmi les «Manuscrits», on trouve des documents de travail écrits à la main, parfois signés (manuscrits autographes), des fragments de textes ou encore des tapuscrits très annotés de la main d’un ou de plusieurs membres, ces annotations livrant parfois d’inestimables informations sur les discussions mathématiques qui ont eu cours au sein de l’équipe. Les documents originaux ont été apprêtés aux meilleures normes de conservation et déposés aux Archives de l’Académie des Sciences de Paris qui en gèrent la consultation suivant le vœu de Bourbaki. Ce site susceptible d'évoluer est, en partie, un miroir du site «Archives de l'Association des Collaborateurs de Nicolas Bourbaki» réalisé et publié par la Cellule MathDoc (UMS 5638 CNRS/UJF) depuis 2008, en collaboration avec Liliane Beaulieu.

Provenance des archives

Les archives anciennes de Bourbaki ont été classées et cotées suivant les souhaits du Bourbaki actuel mais surtout en fonction de la méthode de travail de l’équipe, laquelle a changé même au cours des deux premières décennies. Des documents proviennent du Secrétariat de l’ACNB (sis à l’École normale supérieure, rue d’Ulm à Paris depuis 1969), d’autres font partie des Archives Jean Delsarte de l’Institut Élie Cartan (Vandœuvre-lès-Nancy), des archives personnelles données par d’anciens membres, tels Henri Cartan, Jean Delsarte, Pierre Samuel et André Weil, constituent aussi ces archives dont les cotes marquent la provenance et la nature. En plus de ces documents plus anciens, des dons récents ont été faits aux Archives Henri Poincaré en 2010, par deux anciens membres (qui préfèrent garder l’anonymat pour l’instant). Ces dons augmentent considérablement les sources dont nous disposons et prolongeronnt l’intervalle temporel sur lequel des études deviendront désormais possibles (soit jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix). Cet ensemble-là est classé et coté, mais il n’est ni numérisé ni consultable pour l’instant.

Numérisation et consultation

Décidée en 2000, la numérisation des archives anciennes de Bourbaki devait d'abord servir à la conservation des documents ainsi qu'à leur consultation sur place. C'était avant que la mise en ligne ne devienne courante. Effectuée en plusieurs étapes, cette opération nécessita beaucoup de soins et des interventions multiples qui durent toutes répondre aux directives données par Bourbaki et négociées avec  l'historienne responsable ainsi qu'aux exigences de la numérisation et de la valorisation subséquente. Les archives ont été numérisées en deux grandes phases par la société Arkhénum: d'abord entre 2001 et 2003 sous l'égide des « Archives de la Création Mathématique » (ACM), UPS 2065 du CNRS (1999-2003), dirigée par Christian Houzel, puis en 2005 et 2006 en collaboration avec L. Beaulieu. On présente ici ces fichiers numérisés, à l'exception d'une correspondance entre les membres : cette dernière exception est l'issue d'une décision de Bourbaki après avoir consulté un comité constitué à cette fin. Les originaux de cette correspondance sont consultables aux Archives de l'Académie des Sciences de Paris (23, quai de Conti, Paris 6e). Le dépouillement et l'assemblage de toutes les collections qui composent ces archives anciennes ont été effectués par l'unité ACM et le feuilletage proposé respecte, pour l'essentiel, le découpage que celle-ci a proposé en bonne connaissance de la méthode de travail et de l'histoire de Bourbaki. La recherche est universelle, les mots clés ne servant qu'à stimuler l'imagination des chercheurs.

La mise en ligne et ce site-ci

Chaque document PDF contient de 1 à 200 pages, numérisées au format image (niveaux de gris). La qualité des documents d'origine (tapuscrits ou manuscrits de 1935 à 1954) n'a pas permis de réaliser une reconnaissance optique de caractères (OCR). La cellule Mathdoc (Université Joseph-Fourier, Grenoble) a développé un logiciel spécifique et son site présente la plupart des fonctionnalités nécessaires : moteur de recherche, plan de classement, consultation aisée des documents. Il reste accessible à l'adresse : http://math-doc.ujf-grenoble.fr/archives-bourbaki/.

Ce nouveau site-ci intègre(ra) une grande quantité de données et de métadonnées qu'on ne trouvera nulle part ailleurs. Il est basé sur le logiciel Omeka développé et maintenu par le Roy Rosenzweig Center for History and New Media, George Mason University, Virginie, Etats-Unis. Les métadonnées sont diffusées aux formats OAI-PMH, RSS, RDF, JSON... OAI-PMH permet l'export des métadonnées et l'indexation sur le moteur de recherche spécialisé en Sciences Humaines Isidore. L'adresse de base OAI-PMH ainsi que quelques exemples de requêtes sont accessibles ici: